Mali: intrigue au pays Dogon.

Il pleuvait à Mopti lorsque je descendis de l’avion sur le tarmac de l’aéroport international d’Ambodédjio. Je me dirigeais vers le bureau des formalités afin de recevoir le tampon sur mon visa puis sur mon passeport.

Mopti Pinasses sur le fleuve Niger

Mopti ville fluviale le long du Niger, Djoliba comme on le nomme ici, accueillant une multitude de pirogues nommées Pinasses pratiquant l’import-export de toutes marchandises. Face au fleuve, je relisais les livres de Marcel Griaule, Germaine Dieterlaine, Jean Rouch, René Caillié afin d’étudier avec rigueur, précision, rites, coutumes, traditions, mais surtout l’histoire des Dogons, nommés ici au Mali, Dogono en Bambara. La cosmogonie Dogon étant très complexe, je m’assoupissais peu à peu, au fil des pages sous le regard amusé de mes hôtes. La nuit tombante, dictée par les prières du coucher du soleil, les Pinasses se faufilaient dans les méandres du fleuve, dans le silence, puis l’appel à la prière du Muezzin de la mosquée du quartier Komoguel.

Je partais à l’aube, dans la région des falaises de Bandiagara, en direction de Sangha. Après quelques pannes de voiture et d’aspiration de carburant, nous arrivâmes là ou s’était séjourné Marcel Griaule afin d’écrire son premier livre « Dieu d’eau. » Deux Dogons, leurs bonnets de formes coniques à pompons, attendaient dans une 2cv fourgonnette orange, marquée taxi, afin de me conduire à mon hôtel.

Patrick Compas mali Dogon bandiagara

Le lendemain, je me réveillais au son du cri du coq, au lever du soleil, quand soudain quelqu’un frappa à la porte de ma chambre. « Sewo Sewo le café est prêt, vous avez de la visite Monsieur Toubab !!! on vous attend ».« Qui ? »  « Le Hogon et le Devin » « ah bon ? » Stupéfaction, en effet ils étaient là à m’attendre « Sewo Sewo Oumana Sewo » palabres interminables en serrant les mains, puis les pouces, en se courbant légèrement, selon la tradition.  « Que se passe-t-il ? » « Buvez votre café puis on y va, on a besoin de vous. » Nous partîmes déambuler, dans les ruelles entre maisons et greniers, afin de rejoindre la demeure du Hogon. « Mais que se passe-t-il ici répliquais je ? » « Voilà, nous vous demandons de mener une enquête dans le village de Sangha, suite à un vol de masque sacré un Kanaga, puis d’une porte de grenier appartenant à la maison du Hogon, il n’y a que vous qui puissiez le faire, car vous êtes étranger donc neutre à cette histoire, qui s’est déroulée avant votre arrivée. » Je tombais par terre, quelle responsabilité, mais qui avait pu commettre un tel sacrilège ? j’étais venu en tant que Reporter, me voilà à présent transformé en Commissaire de Police. J’acceptais le défi.

Cela ne me serait pas facile, il me fallait un interprète de confiance, des preuves, des témoignages, des indices.il me vint une idée, à l’école on y apprend le Français, je demandais donc à des enfants qui était l’enseignant, on me dit Mr Djiguiba !!! Djiguiba arriva avec sa belle chemise blanche, bien repassée. Je le saluais en langue Dogon, il me répondit dans ma langue. Il acceptait sans aucune hésitation ma requête, de plus il m’invita à séjourner chez lui, je ne pouvais refuser ce privilège. Devant le thé puis la bière de Mil, il me suppliait de bien vouloir régler cette affaire au plus vite, que je pouvais vivre chez lui comme un membre de la famille, mais en retour d’en faire une affaire d’état, de détournement de patrimoine.

Je me mis au travail au cri du Coq. Tout en partant vers les champs d’oignons cultivés par les femmes, accompagné par Djiguiba suivit de très près par une multitude d’enfants, je relisais en marchant, un passage du livre de Griaule, tout à coup je m’exclamais à haute voix « mais oui bien sur Yourougou le renard. » Un silence s’imposa dans le champ d’oignons, Djiguiba tétanisé me fixait du regard m’expliquant qu’il ne fallait pas citer son nom, n’importe quand, n’importe comment. Après des excuses auprès des populations, j’apprenais donc qui était Yourougou. « Le renard pâle » pratiquant le désordre dans la genèse, les mythes de l’histoire, de la création de l’ethnie Dogon, personnage symbolique emblématique, ambiguë, sacré, comme le dieu serpent : Lébé du Ouagadou. Je venais de faire à mon tour un blasphème, du coup il fallait se rendre de suite chez le Devin. Hasard ou coïncidences, il fallait d’ailleurs que je rencontre ce personnage incontournable pour mon enquête, ainsi que le tisserand, le griot, le marabout, le guérisseur puis le forgeron. Du haut de la falaise, une vaste étendue de sable dominait l’horizon, on pouvait y voir planter des petits bouts de bois ornés de coquillages, de minuscules cailloux autour, puis des dessins fait aux doigts, ornaient d’étranges symboles et signes cabalistiques. Le vielle homme apparue tout de noir vêtu, un bonnet à pompons coniques, une longue barbe, un regard perçant qui me fixait les pupilles. Palabres et salutations respectables, il se mit au travail en silence après m’avoir demandé ce que je voulais savoir. » Le renard viendra déposer ses pattes ici cette nuit, ce n’est que demain que nous pourrons répondre avec votre question, répondis Djiguiba. »

Le lendemain à l’aube, c’est seul que je revenais voir le Devin, afin de connaitre la réponse à ma question suivante : « qui a volé le masque et la porte ? » L’homme déjà présent sur place, était en train de décrypté les traces de Yourougou, il marmonnait des mots dans un étrange dialecte, différent de sa langue, le Sigui. La langue secrète des Dogons, j’avais lu un passage dans le livre de G. Dieterlaine à propos de cette langue, la société secrète des masques, il n’y a que les initiés qui la pratiquent. L’homme m’interpella plus tard, dans un français approximatif, le regard très inquiet, il me dit qu’il fallait que je me rende à Kidal, qu’il fallait que je reste plus que très prudent. Je devais m’y rendre, mauvaise nouvelle, à la vue des évènements actuels de révoltes, rebellions en tous genres, effectuées par des groupes membres de l’Aqmi puis de l’EI au nord du Mali, qui réclame l’indépendance de la région, sous le nom d’Azawad, dans le triangle Kidal, Gao, Tombouctou.

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Je partirais à l’aube, seul, avec la 2cv taxi. J’étais stressé. Sur la route, je prenais en stop un chauffeur de camion en panne avec ses jerricanes. Stupéfait de voir un Toubab faire le taxi. A la frontière inter- régions n°5 et 6 contrôlé par l’armée du pays, accompagnée des militaires français, opération Barkhane, ma visite fut interrompue manu militari. Terminus tout le monde descend, mais la providence était avec moi, un chauffeur de camion arrivant de sangha, en contrôle des douanes, me reconnut il expliqua en Bambara qui j’étais, d’où je venais. Un lieutenant des forces françaises m’interrogea, me traitant de tête brulée, m’expliqua qu’il avait rencontré des touristes Chinois, à la recherche d’œuvres d’arts à Tombouctou, en partance pour Djenné.

Je partais donc sur le champ tel un légionnaire au combat. Arrivée tardive à Djenné pas compliqué de retrouver des Chinois au Mali. En allant diner, j’aperçu un superbe 4×4, près d’un hôtel, chargé comme un mulet, plus je m’approchais, plus je distinguais des formes reconnaissables, sous la bâche de protection, je fis mine de ne rien voir, je prenais une chambre dans le même lieu. A la terrasse du restaurant les Chinois négociaient les prix des marchandises avec un Malien j’écoutais attentivement la discussion, s’étaient eux les coupables, à présent ils étaient fait comme des rats. Il fallait que je cogite un plan d’action, la nuit portant conseil, je réfléchissais en m’assoupissant.

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Au lever du soleil, à la première prière, après un bon café, je fonçais tout droit au bureau de police de Djenné un officier me reçut, écouta mon témoignage, nous partîmes ensemble, vers le véhicule afin de constater qu’en soulevant la bâche, les objets étaient là. La vraie Police cette fois ci, pris en charge l’enquête, en arrêtant les touristes Chinois et leur complice. Ils furent raccompagnés à l’aéroport de Bamako, puis extrader, après avoir payer au consulat une amende des plus hallucinantes, avec une interdiction de retour au Mali.

Je revenais à Sangha avec de bonnes nouvelles, je fus récompensé par les habitants, par l’intermédiaire d’une cérémonie en mon honneur, par la suite les objets furent restitués par le ministère de la culture et du patrimoine qui les avaient saisies durant l’enquête. J’étais fière.

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Post scriptum.

Cette histoire n’est pas un roman, ni une fiction, je l’ai vécue à ma grande surprise de l’imprévue du voyageur. Pourquoi m’avoir choisi comme interlocuteur ? m’avoir fait confiance ? c’est le mystère Dogon, la magie de l’Afrique. Malheureusement ce genre d’histoires, ne finissent pas toujours comme la mienne. Beaucoup d’objets du patrimoine sont vendus, au plus offrant, dans toute l’Afrique, pour des raisons de problèmes financiers, de famine, de survie, au grand détriment des populations, qui voient leur bien, leur passé, leur histoire, disparaitrent afin de se retrouver à jamais, dans des galeries, musées, ou collections privées, loin du continent. D’autre part, je déconseille vivement un voyage dans le pays actuellement sous tension. En revanche le Mali reste un pays que j’affectionne particulièrement, pour son authenticité, son hospitalité, mais surtout le grand courage de sa population face au évènements actuels. Je vous suggère à ce propos, de regarder le film Timbuktu du réalisateur Abderrahmane Sissako un chef d’œuvre.

Patrick Compas.

 

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Le MalJournalisme .

« Au travers de mes Voyages en Afrique, en Asie, au Proche et Moyen Orient, j’ai souvent constaté que la France avait une image auprès des populations, de pays de liberté, des droits de l’homme, cependant il serait dommage que cela soit bafoué, par de médiocres esprits venant assez souvent de la classe Politique, puis de certains Médias ayant des propos méprisants, fondés sur des ignorances, envers certaines civilisations qui ont participées à la richesse culturelle puis économique de notre Pays. »
Le « maljournalisme » (ou « journalisme poubelle », etc.) est un néologisme créé pour désigner des pratiques journalistiques manipulatoires, donnant une allure spectaculaire à des faits banals (sensationnalisme), exagérant des menaces et des faits, et en diminuant d’autres en fonction des pressions que subit le journaliste. Ces pressions peuvent être pécuniaires (besoin de vendre, donc besoin d’articles spectaculaires), politiques (en fonction du bord politique du journaliste ou des employeurs), ou corporatistes.
« Maljournalisme » peut aussi désigner une pratique incompétente du journalisme – manque de sources, déformations, inexactitudes, etc……
Il est temps d’agir, de prendre conscience de la gravité des faits, de ce systeme qui bafoue les regles et la déontologie de ce metier, necessaire pour la liberté de la presse puis de la liberté d’expression,de l’existence de l’Homme tout simplement.

Patrick Compas ,Paris, juillet 2017.

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L’Ecole au fil du Mékong.

Nous sommes sur le lac Tonlé Sap, sur les rives du Mékong  non loin de la ville de Kampong Chhnang et Battambang au Cambodge. Chaque jour des enfants partent à l’école à bord de sampang des petites barques en forme de pirogues. C’est leur moyen de locomotion, car ici toutes les populations vivent sur l’eau.  Les villages flottants, des quartiers entier de maisons sur pilotis. A terre c’est le vélo ou le scooter ici c’est le bateau. On revêt son uniforme avec ses initiales, on prend son cartable et pas question de faire l’école buissonnière ou de ronchonner pour se lever le matin, ici l’école c’est sacrée un immense sacrifice pour les familles.

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Retour de l’école Kampong Chhnang Cambodge.

Sous le regard des bonzes et du bouddha.
Traditionnellement, l’enseignement était dévolu aux pagodes et portaient essentiellement sur l’étude des textes sacrés destinés à régenter la vie quotidienne. Les filles n’y étaient tolérées que dans certains cas où elles étaient exclues à partir de la pré-adolescente. De nos jours les bonzes  n’assurent que l’enseignement des futurs moines puis des plus démunis « les enfants des rues ».
Durant la période du colonialisme.
L’école souvent dirigés par « les jésuites » enseignait le Français, la géographie puis l’arithmétique. Elles étaient essentiellement fréquentées par les enfants des dignitaires qui espéraient en cette éducation, à des postes de responsabilités politiques au sein du pays ou en France.
Puis soudain tout dégénère….
En 1975, l’instauration du Kampuchéa démocratique va mettre à mal le système éducatif .Les cambodgiens, accusé d’avoir contribués par ses enseignements à préserver l’ancienne société que les partisans de Pol Pot ; les Khmers Rouges jugeaient décadente et voulaient éradiquer. Les écoles seront fermées,  le seul fait d’avoir été enseignant suffisait à condamner les intéressés à une mort certaine dans les prisons du S21 puis les camps de travail . Avec le régime des « khmer rouges », 90 % des élites qui auraient pus rebâtir une administration avaient disparus ou avaient émigrés alors que plusieurs classe d’âge n’avaient plus été scolarisées, depuis 1970 dans les zones qui à cette époque avaient déjà échappées à tout contrôle gouvernemental.
Le temps de la reconstruction.
Le pays sera mis sous tutelle ONU  en 1993. Le seul fait de savoir lire et écrire suffisait alors pour s’improviser enseignant. Malgré ces conditions difficiles et un contexte politique délicat, un système éducatif est restauré dans une ambiance pionnière où le dévouement du personnel compensait le manque de moyens.
Depuis 1996, les conditions de recrutement ont été redéfinies : tous les enseignants doivent avoir accompli un cycle complet de formation  ils bénéficient d’une formation de deux années, une troisième étant instaurée pour les candidats se destinant à l’enseignement dans le second cycle des lycées . Aujourd’hui, le nombre d’enseignants non titulaires du Baccalauréat devient de plus en plus rare.

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Sampan avec des écoliers à bord Kampong Chhnang.

Qu’en est il aujourd’hui ?
En ce début du XXIe siècle,  la condition enseignante reste peu enviable : disposant de faibles salaires les professeurs sont parfois conduits à occuper un deuxième emploi au détriment de leur investissement et de leur temps de présence en classe. Ils souffrent, de surcroît, d’un manque de reconnaissance sociale. le personnel enseignant, faute d’un salaire réellement adapté permettant de couvrir les dépenses courantes, des enseignants étaient amenés, notamment en zone rurale, à exercer une seconde activité professionnelle (agriculteurs, mécaniciens réparateurs de mobylettes…) avec des conséquences évidemment nuisibles quant à leur temps de présence en classe et à leur degré de motivation.
Des enseignants mettent en place des cours supplémentaires contre une participation financière elle met en défaut le principe de gratuité de l’éducation de base qui figure dans la loi de 1993 et qui est réaffirmé dans les objectifs de l’Éducation pour tous.
Elle renforce les inégalités de réussite scolaire liée à l’origine sociale. Ces cours privés se révèlent, en effet, déterminants dans les parcours de formation. Des exemples, cités par les rapporteurs de l’UNESCO témoignent de performances qualitativement différentes selon que les élèves bénéficient ou non de ces enseignements supplémentaires ainsi, entre autres, dans les zones rurales.
Qu’en est il de la motivation des élèves ,des écoliers ?
Ici pas de doute, on va à l’école sans pleurer, c’est une chance, c’est un privilège.
Chenda 10 ans, veut devenir enseignante dans un lycée pour les enfants du pays tandis que Reksmei, 15 ans, lui veut devenir médecin afin de pouvoir soigner sa famille, puis les autres.

On a envie d’apprendre, de savoir lire, écrire, compter, puis on est curieux de tout, on parle on discute avec ses camarades, qui deviennent des amitiés parfois pour la vie, ici il règne une solidarité entre élèves, on se motive, on participe ensemble à l’avenir du pays, sorte de nationalisme précoce qui se prolonge jusqu’au études universitaires, pour ceux et celles qui auront la chance de pouvoir y accéder, car » je ne cesse de le répéter », au Cambodge, l’école, l’éducation, est un énorme sacrifice financier pour les familles. « Alors larguez les amarres, cap sur l’école, tous en classe !!! »

Dans le sillage des Jonques.

Les eaux de la baie d’Halong, classées site du Patrimoine mondial par l’UNESCO, ont perdu la couleur turquoise qui avait fait leur renommée, victimes d’une pollution croissante qui menace l’éco-système et hypothèque l’avenir de la première destination touristique du Vietnam.

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port de pêche d’Haiphong Vietnam

Des conséquences radicales.

Les eaux de la baie rendues mondialement célèbres par les milliers d’îlots présents, et en particulier la zone de l’île de Cat Ba qui abrite un Parc national marin, sont envahies par les sédiments, les métaux lourds et les rejets d’eaux usées qui mettent en danger la vie marine », affirme l’Institut d’océanologie d’Haiphong.
Les récifs de coraux sont en train de mourir. Les phoques, les dauphins, les tortues marines, et même les oiseaux, tous ces animaux qui peuplaient la baie sont de plus en plus rares ».
Le premier responsable de cette pollution c’est l’exploitation du charbon. Le développement de l’exploitation du charbon aux abords de la baie d’Halong a entraîné en dix ans le rejet de  tonnes de terres polluées, évacuées dans la mer par les rivières qui traversent les zones minières. Cette zone est aussi fortement contaminée par du plomb et du pétrole lié à l’activité du port pétrolier B2, situé au sud de la baie d’Halong« Les eaux de la baie d’Halong sont aujourd’hui chargées de sulfate de fer, de zinc, de cuivre ».
Les récifs de coraux sont également victimes de la pêche à la dynamite pratiquée par les pêcheurs de Cat Ba, leur destruction bouleverse l’ensemble de l’écosystème. Les poissons deviennent rares, ce qui entraîne un appauvrissement des populations de pêcheurs des îles de la baie.
« Le eaux usées de l’agglomération d’Haiphong, peuplée de 2 millions d’habitants, ne subissent aucun traitement et sont aussi rejetées dans la baie ».
Le tourisme a également joué un rôle important dans la pollution de la région, selon les estimations de l’institut océanographique, les centaines de bateaux qui transportent les visiteurs venus admirer les célèbres formations rocheuses qui émergent dans la baie, déversent chaque jour environ deux tonnes d’huile de moteur en mer.

Quelle est la position de l’Unesco et du gouvernement vietnamien face à ses enjeux ?

La baie d’Halong a été classée « vestige historique et culturel » et « site de paysage national » en 1962.  Ultérieurement classé « site spécial de paysage national » en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel amendée en 2009, le site est la propriété du gouvernement provincial.  Il est protégé convenablement grâce à un certain nombre de lois provinciales et nationales qui sont pertinentes, ainsi que par des décrets gouvernementaux, dont voici quelques exemples : la loi sur le patrimoine culturel, la loi en matière de biodiversité, la loi du tourisme, la loi sur la protection de l’environnement,  la loi des pêches et la loi du transport maritime.  En vertu de ces lois, toute action proposée au sein du site pouvant avoir un impact significatif sur ses valeurs doit faire l’objet d’une autorisation officielle de la part du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, ainsi que d’autres ministères compétents.
A long-terme, la gestion du site se concentrera sur les points suivants : l’assurance de l’intégrité du paysage, des valeurs géologiques et géomorphologiques, ainsi que la protection de l’environnement, le renforcement des dispositions législatives, la surveillance attentive des activités socioéconomiques dans la baie d’Halong, l’augmentation de l’usage de la technologie aux fins de gestion du patrimoine, le lancement de recherches afin de mieux comprendre les valeurs du site; l’amélioration de la formation du personnel et une meilleure sensibilisation et implication des membres de la communauté

Polémiques : existe t-il une instrumentalisation du patrimoine mondial ?

En bien des cas, la notion de « patrimoine culturel mondial » a été détournée de son but officiel, et a été utilisée comme un outil touristique, ou comme instrument pour servir des intérêts politiques et économiques. L’« unescoïsation » conséquence paradoxale de la protection accordée par l’Unesco est l’intense mise en tourisme du lieu, au détriment de son authenticité. Et cette mise en tourisme s’accompagne d’une sorte de mise en scène de traditions idéalisées qui ne correspondent pas toujours à la réalité historique ; certains éléments de ce passé sont gommés, comme par exemple les épisodes de la guerre du Vietnam. « La sélection du patrimoine par l’Unesco contribue à gommer certaines réalités historiques, en redéfinissant notamment la présence coloniale française dans la ville comme une « fusion de traditions culturelles », oubliant en cela les mécanismes de domination politique et économique du joug colonial. On retrouve aussi ce principe sur le site d’Angkor au Cambodge, qui occulte l’époque du génocide khmer par les Khmers Rouges.
Il y a une tension entre l’idée d’« identité » et l’idée de diversité culturelle, entre l’idée d’universalisme et celle de multiculturalisme. La convention du patrimoine immatériel affirme que le patrimoine immatériel procure aux communautés « un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle», or ces deux éléments (sentiment d’identité et respect de la diversité culturelle) ne vont pas forcément de pair, au contraire, ils peuvent paraître opposés. Ainsi, à l’heure où le tourisme devient un phénomène mondial massif, les notions apparemment apolitiques et consensuelles de « patrimoine mondial » et de « patrimoine immatériel » peuvent poser question et sont l’objet d’enjeux éminemment politiques et d’implications économiques d’une importance capitale pour l’image et la place des Etats sur la scène internationale.

En conclusion : un constat amer

Si des mesures ne sont pas prises pour enrayer la pollution de la baie d’Halong en diminuant les rejets, l’industrie de la pêche et le tourisme en subiront rapidement les conséquences, avertissent les experts de l’Institut d’océanologie.
Sur l’île de Cat Ba, les propriétaires des dizaines d’hôtels (construits au cours des cinq dernières années) guettent chaque jour les touristes sur la jetée du port, à l’arrivée des bateaux, pour tenter de remplir leurs établissement qui tournent au ralenti.  « Les affaires sont difficiles », indique le propriétaire du plus grand hôtel de l’île, « nous souffrons de la crise asiatique, et la pollution commence également à faire fuir nos clients ». Quand aux pêcheurs de la Baie d’Halong, une reconversion professionnelle obligatoire s’impose pour des raisons de survie. Reconversion dans le transport et dans l’animation touristique qui engendre la disparition de tout un savoir faire ancestrale (techniques de pêche) au détriment des chantiers navals.

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Quel avenir pour le Cambodge ?

Quel avenir pour le Cambodge ?
Le Cambodge est un pays d’Asie du Sud Est dont on parle peu.
Pourtant son histoire et sa richesse culturelle en font un pilier de ce territoire d’Asie, un passé douloureux souvenirs sombres des khmers rouges via le leader Pol Pot pratiquant la torture dans les prisons du S21 mais aussi le temple d’Angkor Vat vestiges apogée du royaume khmer.
Qu’en est il aujourd’hui de tous cela comment les citoyens évoluent ? vivent au quotidien ? avec cette politique partagée entre l’insouciance d’un Roi vivant dans son passé dans son Palais puis les dérives et rivalités des partis politiques empreints de corruptions ou pour certains d’exile forcée en France en attendant des jours meilleurs pour se faire élire .
Loin des regards de la communauté internationale qui contrairement à ses voisins en particuliers la Birmanie puis le Vietnam qui avec le soutien de la Chine évoluent à grande vitesse, le Cambodge semble resté figer dans les méandres de son passé prestigieux celui d’un peuple courageux fier qui pratique la résistance d’une manière fascinante qui impose le respect .
Cependant cette paix intérieure jours après jours ne tient plus qu’à un fil celui du désarroi de la pauvreté qui si il tendait à rompre se transformerait une fois de plus en tragédie en bain de sang malgré le fait que le peuple Cambodgien ne souhaite absolument pas revenir puis revivre un passé encore trop récent dans chacune des mémoires Khmères

Patrick Compastumblr patrick compas cambodge 2016