L’Ecole au fil du Mékong.

Nous sommes sur le lac Tonlé Sap, sur les rives du Mékong  non loin de la ville de Kampong Chhnang et Battambang au Cambodge. Chaque jour des enfants partent à l’école à bord de sampang des petites barques en forme de pirogues. C’est leur moyen de locomotion, car ici toutes les populations vivent sur l’eau.  Les villages flottants, des quartiers entier de maisons sur pilotis. A terre c’est le vélo ou le scooter ici c’est le bateau. On revêt son uniforme avec ses initiales, on prend son cartable et pas question de faire l’école buissonnière ou de ronchonner pour se lever le matin, ici l’école c’est sacrée un immense sacrifice pour les familles.

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Retour de l’école Kampong Chhnang Cambodge.

Sous le regard des bonzes et du bouddha.
Traditionnellement, l’enseignement était dévolu aux pagodes et portaient essentiellement sur l’étude des textes sacrés destinés à régenter la vie quotidienne. Les filles n’y étaient tolérées que dans certains cas où elles étaient exclues à partir de la pré-adolescente. De nos jours les bonzes  n’assurent que l’enseignement des futurs moines puis des plus démunis « les enfants des rues ».
Durant la période du colonialisme.
L’école souvent dirigés par « les jésuites » enseignait le Français, la géographie puis l’arithmétique. Elles étaient essentiellement fréquentées par les enfants des dignitaires qui espéraient en cette éducation, à des postes de responsabilités politiques au sein du pays ou en France.
Puis soudain tout dégénère….
En 1975, l’instauration du Kampuchéa démocratique va mettre à mal le système éducatif .Les cambodgiens, accusé d’avoir contribués par ses enseignements à préserver l’ancienne société que les partisans de Pol Pot ; les Khmers Rouges jugeaient décadente et voulaient éradiquer. Les écoles seront fermées,  le seul fait d’avoir été enseignant suffisait à condamner les intéressés à une mort certaine dans les prisons du S21 puis les camps de travail . Avec le régime des « khmer rouges », 90 % des élites qui auraient pus rebâtir une administration avaient disparus ou avaient émigrés alors que plusieurs classe d’âge n’avaient plus été scolarisées, depuis 1970 dans les zones qui à cette époque avaient déjà échappées à tout contrôle gouvernemental.
Le temps de la reconstruction.
Le pays sera mis sous tutelle ONU  en 1993. Le seul fait de savoir lire et écrire suffisait alors pour s’improviser enseignant. Malgré ces conditions difficiles et un contexte politique délicat, un système éducatif est restauré dans une ambiance pionnière où le dévouement du personnel compensait le manque de moyens.
Depuis 1996, les conditions de recrutement ont été redéfinies : tous les enseignants doivent avoir accompli un cycle complet de formation  ils bénéficient d’une formation de deux années, une troisième étant instaurée pour les candidats se destinant à l’enseignement dans le second cycle des lycées . Aujourd’hui, le nombre d’enseignants non titulaires du Baccalauréat devient de plus en plus rare.

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Sampan avec des écoliers à bord Kampong Chhnang.

Qu’en est il aujourd’hui ?
En ce début du XXIe siècle,  la condition enseignante reste peu enviable : disposant de faibles salaires les professeurs sont parfois conduits à occuper un deuxième emploi au détriment de leur investissement et de leur temps de présence en classe. Ils souffrent, de surcroît, d’un manque de reconnaissance sociale. le personnel enseignant, faute d’un salaire réellement adapté permettant de couvrir les dépenses courantes, des enseignants étaient amenés, notamment en zone rurale, à exercer une seconde activité professionnelle (agriculteurs, mécaniciens réparateurs de mobylettes…) avec des conséquences évidemment nuisibles quant à leur temps de présence en classe et à leur degré de motivation.
Des enseignants mettent en place des cours supplémentaires contre une participation financière elle met en défaut le principe de gratuité de l’éducation de base qui figure dans la loi de 1993 et qui est réaffirmé dans les objectifs de l’Éducation pour tous.
Elle renforce les inégalités de réussite scolaire liée à l’origine sociale. Ces cours privés se révèlent, en effet, déterminants dans les parcours de formation. Des exemples, cités par les rapporteurs de l’UNESCO témoignent de performances qualitativement différentes selon que les élèves bénéficient ou non de ces enseignements supplémentaires ainsi, entre autres, dans les zones rurales.
Qu’en est il de la motivation des élèves ,des écoliers ?
Ici pas de doute, on va à l’école sans pleurer, c’est une chance, c’est un privilège.
Chenda 10 ans, veut devenir enseignante dans un lycée pour les enfants du pays tandis que Reksmei, 15 ans, lui veut devenir médecin afin de pouvoir soigner sa famille, puis les autres.

On a envie d’apprendre, de savoir lire, écrire, compter, puis on est curieux de tout, on parle on discute avec ses camarades, qui deviennent des amitiés parfois pour la vie, ici il règne une solidarité entre élèves, on se motive, on participe ensemble à l’avenir du pays, sorte de nationalisme précoce qui se prolonge jusqu’au études universitaires, pour ceux et celles qui auront la chance de pouvoir y accéder, car » je ne cesse de le répéter », au Cambodge, l’école, l’éducation, est un énorme sacrifice financier pour les familles. « Alors larguez les amarres, cap sur l’école, tous en classe !!! »

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En Ethiopie, la ville d’Harar entre Rimbaud et Monfreid.

Nous sommes à Harar, une ville millénaire classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, à 500 kilomètres à l’est de la capitale éthiopienne Addis Abeba. Le jeune Rimbaud est arrivé en décembre 1880, à 26 ans, dans cette cité musulmane alors sous tutelle égyptienne. Il avait abandonné la poésie pour se consacrer aux voyages au négoce au Moyen-Orient et en Afrique. À l’époque, Harar était une cité glorieuse, carrefour commercial entre la péninsule arabique et le reste du royaume d’Abyssinie où l’on vendait du café, de l’encens, du musc, des peaux de bêtes.

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Harar en Ethiopie vente de khat au marché.

Rimbaud, contrebandier

Pour se rendre dans cette demeure, où le poète n’a jamais vécu, il faut traverser des ruelles étroites aux murs fixés par de la boue et peints de blanc, de bleu, de jaune et de vert, qui font la spécificité de la vieille ville de Harar. Mais les Harari d’aujourd’hui se souviennent surtout du Rimbaud contrebandier qui a vendu des armes au roi du Choa Ménélik, futur empereur d’Ethiopie, qui a pris la ville de Harar en janvier 1887. « Les seuls Harari qui savent de qui on parle n’en ont pas une très bonne image. Ils ne gardent en mémoire que la légende noire : le trafic d’armes, les rumeurs sur ses mœurs légères et les accusations d’espionnage. »  D’après le conservateur, il était devenu un vrai Harari qui s’entendait très bien avec les habitants, parlait Arabe, Oromo, Amharique et avait quelques notions de la langue locale Harari. Le poète désirait découvrir « les effets excitants » du khat – prononcé tchat en Ethiopien  qui se consommait déjà beaucoup à Harar à la fin du XIXe siècle.
À l’époque de Rimbaud, Harar était considérée comme la quatrième ville sainte de l’Islam après La Mecque, Médine et Jérusalem. C’était un centre spirituel d’enseignement Soufi. Arthur Rimbaud y aurait trouvé « une certaine tranquillité, une paix intérieure ». Les épaisses murailles de la vieille cité éthiopienne d’Harar n’ont pu empêcher le monde moderne de s’y engouffrer, mais les traditions historiques, culturelles et religieuses uniques de ce lieu saint de l’Islam y sont toujours bien vivantes. – Nourrir les hyènes aux portes de la ville reste un spectacle hallucinant. Harar a passé un étrange pacte avec les hyènes qui terrorisent le reste de l’Ethiopie. Entre chien et loup, les bêtes féroces dévorent l’aja, un ragoût préparé par les habitants de la citadelle oubliée.

Harar et ses 99 mosquées

L’Harar d’aujourd’hui est un savant mélange d’ancien et de moderne, où la piété religieuse et les coutumes fortement ancrées n’empêchent pas l’omniprésence des téléphones portables, des ordinateurs et des antennes satellitaires. Les plus fidèles témoins de cette époque mouvementée sont les hautes murailles, en parfait état de conservation, qui entourent la ville. Aujourd’hui encore, les six portes ferment à la tombée de la nuit. Elles portent les noms de Choa, Sanga, Erer, Buda et Fallana. La plus populeuse est assurément celle de Choa, par laquelle nous venons de plonger dans ce dédale de passages étroits, un labyrinthe qui vous donne l’illusion d’être au cœur d’une seule et même habitation divisée en centaines de petites pièces reliées par de minuscules boyaux. Trente-trois mille âmes vivent aujourd’hui dans les murs de cette cité oubliée du temps. On dénombre à Harar pas moins de 99 mosquées, dont la plupart sont de petites constructions d’un étage surmontées d’un fin minaret. Depuis la fin du XIXe siècle, les minorités copte et catholique disposent respectivement d’un temple orthodoxe et d’une modeste église à peu près déserte.
Harar reste aujourd’hui une ville bruyante et commerçante. Elle ressemble presque à un seul et grand marché, où les différents métiers seraient regroupés par quartiers : les ateliers des forgerons dans les ruelles proches de la porte de Buda, les tailleurs à deux pas du marché central, dans une rue que les gens du cru appellent makina guirguir à cause du bruit des vieilles machines à coudre. Au marché Madde Dudú, sur les terrasses qui dominent les étals des bouchers, Vautours et Milans attendent patiemment la fin de la journée pour descendre se gaver d’abats. Des femmes Somali, Amharas et Oromos étalent leurs marchandises (bois de chauffe, charbon) sur le sol. Devant le moulin, une file de clients attend de faire moudre son blé .Il n’est pas rare, dans cette ville aux allures de labyrinthe, que les gens invitent le visiteur à boire un verre de thé, de café ou à fumer une pipe à eau.

Henri de Monfreid arrive à son tour à 32 ans dans la zone, en 1911

Installé à Djibouti, il achète un boutre baptisé Fath-el-Rahman et se lance dans la navigation sur la mer Rouge, qu’il finit par connaître par cœur : ses connaissances seront sollicitées par les autorités coloniales françaises pendant la Grande Guerre, faisant de l’écrivain un agent occasionnel de renseignement.

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Harar entrée de la vielle ville par la porte de la Choa

Monfreid sera donc flibustier. D’abord, il veut explorer l’Abyssinie, sur les traces de Rimbaud . Il apprend l’Arabe, se coiffe d’un turban. « Les hautes falaises de basalte qui défendent ce mystérieux pays Dankali, inexploré et peuplé de tribus rebelles » l’attirent. Il part de Djibouti pour l’AbyssinieFathouma, sa belle « négresse », meurt. Henry de Monfreid repart pour Djibouti. Il construit un boutre, une sorte de petit voilier utilisé par les pêcheurs de perles de la mer Rouge, engage des marins, et entame une carrière de « loup de mer ». Pendant plusieurs mois, il va écumer cette mer à la recherche de « ce gravier merveilleux » que sont les perles huîtrières.

Après les perles, d’autres trafics. Les armes. Le Haschich qu’il va acheter en Grèce pour le revendre en Égypte et Djibouti. Jusqu’au milieu des années vingt, Monfreid écoule douze tonnes de Haschich à la barbe des Anglais. Son voyage de noces avec Armgart lui sert même de… couverture pour cette activité de contrebande. Le père Teilhard de Chardin, croisé à bord d’un navire en 1926, le « confesse ». Les deux hommes parlent des origines du monde et de Dieu. Ils deviennent amis. Et feront même des fouilles archéologiques ensemble en Éthiopie.

Joseph Kessel, qui rencontre lui aussi Monfreid, est subjugué par la vie de ce flibustier. Il lui suggère d’écrire. En 1931, Henry de Monfreid publie son premier livre « Les secrets de la mer Rouge » ; livre qui rencontre un vif succès. Deux ans plus tard, il écrit « Vers les terres hostiles de l’Éthiopie ». Monfreid y dénonce les visées de l’empereur d’Ethiopie, Hailé Sélassié, sur Djibouti et le Yémen. Hailé Sélassié tentera lui-même d’éliminer le Français, en l’empoisonnant lors d’une audience. Monfreid vomit le café empoisonné, et sera sauvé. Mais  sera expulsé d’Éthiopie.

« Entre 1880 et 1890, la Corne de l’Afrique bruisse des rumeurs de trafic d’armes d’Arthur Rimbaud qui sillonne la région entre Aden, Harar et la province du Choa en Éthiopie.
Son souvenir est mis en scène dans Les Éthiopiques d’Hugo Pratt : Corto Maltese, dans ses pérégrinations africaines, ressemble à un écho lointain du poète-aventurier. »

Dans le sillage des Jonques.

Les eaux de la baie d’Halong, classées site du Patrimoine mondial par l’UNESCO, ont perdu la couleur turquoise qui avait fait leur renommée, victimes d’une pollution croissante qui menace l’éco-système et hypothèque l’avenir de la première destination touristique du Vietnam.

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port de pêche d’Haiphong Vietnam

Des conséquences radicales.

Les eaux de la baie rendues mondialement célèbres par les milliers d’îlots présents, et en particulier la zone de l’île de Cat Ba qui abrite un Parc national marin, sont envahies par les sédiments, les métaux lourds et les rejets d’eaux usées qui mettent en danger la vie marine », affirme l’Institut d’océanologie d’Haiphong.
Les récifs de coraux sont en train de mourir. Les phoques, les dauphins, les tortues marines, et même les oiseaux, tous ces animaux qui peuplaient la baie sont de plus en plus rares ».
Le premier responsable de cette pollution c’est l’exploitation du charbon. Le développement de l’exploitation du charbon aux abords de la baie d’Halong a entraîné en dix ans le rejet de  tonnes de terres polluées, évacuées dans la mer par les rivières qui traversent les zones minières. Cette zone est aussi fortement contaminée par du plomb et du pétrole lié à l’activité du port pétrolier B2, situé au sud de la baie d’Halong« Les eaux de la baie d’Halong sont aujourd’hui chargées de sulfate de fer, de zinc, de cuivre ».
Les récifs de coraux sont également victimes de la pêche à la dynamite pratiquée par les pêcheurs de Cat Ba, leur destruction bouleverse l’ensemble de l’écosystème. Les poissons deviennent rares, ce qui entraîne un appauvrissement des populations de pêcheurs des îles de la baie.
« Le eaux usées de l’agglomération d’Haiphong, peuplée de 2 millions d’habitants, ne subissent aucun traitement et sont aussi rejetées dans la baie ».
Le tourisme a également joué un rôle important dans la pollution de la région, selon les estimations de l’institut océanographique, les centaines de bateaux qui transportent les visiteurs venus admirer les célèbres formations rocheuses qui émergent dans la baie, déversent chaque jour environ deux tonnes d’huile de moteur en mer.

Quelle est la position de l’Unesco et du gouvernement vietnamien face à ses enjeux ?

La baie d’Halong a été classée « vestige historique et culturel » et « site de paysage national » en 1962.  Ultérieurement classé « site spécial de paysage national » en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel amendée en 2009, le site est la propriété du gouvernement provincial.  Il est protégé convenablement grâce à un certain nombre de lois provinciales et nationales qui sont pertinentes, ainsi que par des décrets gouvernementaux, dont voici quelques exemples : la loi sur le patrimoine culturel, la loi en matière de biodiversité, la loi du tourisme, la loi sur la protection de l’environnement,  la loi des pêches et la loi du transport maritime.  En vertu de ces lois, toute action proposée au sein du site pouvant avoir un impact significatif sur ses valeurs doit faire l’objet d’une autorisation officielle de la part du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, ainsi que d’autres ministères compétents.
A long-terme, la gestion du site se concentrera sur les points suivants : l’assurance de l’intégrité du paysage, des valeurs géologiques et géomorphologiques, ainsi que la protection de l’environnement, le renforcement des dispositions législatives, la surveillance attentive des activités socioéconomiques dans la baie d’Halong, l’augmentation de l’usage de la technologie aux fins de gestion du patrimoine, le lancement de recherches afin de mieux comprendre les valeurs du site; l’amélioration de la formation du personnel et une meilleure sensibilisation et implication des membres de la communauté

Polémiques : existe t-il une instrumentalisation du patrimoine mondial ?

En bien des cas, la notion de « patrimoine culturel mondial » a été détournée de son but officiel, et a été utilisée comme un outil touristique, ou comme instrument pour servir des intérêts politiques et économiques. L’« unescoïsation » conséquence paradoxale de la protection accordée par l’Unesco est l’intense mise en tourisme du lieu, au détriment de son authenticité. Et cette mise en tourisme s’accompagne d’une sorte de mise en scène de traditions idéalisées qui ne correspondent pas toujours à la réalité historique ; certains éléments de ce passé sont gommés, comme par exemple les épisodes de la guerre du Vietnam. « La sélection du patrimoine par l’Unesco contribue à gommer certaines réalités historiques, en redéfinissant notamment la présence coloniale française dans la ville comme une « fusion de traditions culturelles », oubliant en cela les mécanismes de domination politique et économique du joug colonial. On retrouve aussi ce principe sur le site d’Angkor au Cambodge, qui occulte l’époque du génocide khmer par les Khmers Rouges.
Il y a une tension entre l’idée d’« identité » et l’idée de diversité culturelle, entre l’idée d’universalisme et celle de multiculturalisme. La convention du patrimoine immatériel affirme que le patrimoine immatériel procure aux communautés « un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle», or ces deux éléments (sentiment d’identité et respect de la diversité culturelle) ne vont pas forcément de pair, au contraire, ils peuvent paraître opposés. Ainsi, à l’heure où le tourisme devient un phénomène mondial massif, les notions apparemment apolitiques et consensuelles de « patrimoine mondial » et de « patrimoine immatériel » peuvent poser question et sont l’objet d’enjeux éminemment politiques et d’implications économiques d’une importance capitale pour l’image et la place des Etats sur la scène internationale.

En conclusion : un constat amer

Si des mesures ne sont pas prises pour enrayer la pollution de la baie d’Halong en diminuant les rejets, l’industrie de la pêche et le tourisme en subiront rapidement les conséquences, avertissent les experts de l’Institut d’océanologie.
Sur l’île de Cat Ba, les propriétaires des dizaines d’hôtels (construits au cours des cinq dernières années) guettent chaque jour les touristes sur la jetée du port, à l’arrivée des bateaux, pour tenter de remplir leurs établissement qui tournent au ralenti.  « Les affaires sont difficiles », indique le propriétaire du plus grand hôtel de l’île, « nous souffrons de la crise asiatique, et la pollution commence également à faire fuir nos clients ». Quand aux pêcheurs de la Baie d’Halong, une reconversion professionnelle obligatoire s’impose pour des raisons de survie. Reconversion dans le transport et dans l’animation touristique qui engendre la disparition de tout un savoir faire ancestrale (techniques de pêche) au détriment des chantiers navals.

1848

« Je me souviendrai toujours des paroles de cette vielle femme de la ville de Saint Louis au Sénégal descendante des Signares fumant une pipe vêtue d’une robe très élégante avec une grande coiffe de forme conique rencontrée près d’un Tamarinier: je la cite.
« Nous ne voulons plus jamais revoir ces maudites goélettes, trois mats, ou bien galions en escale devant l’ile de Gorée ».que pouvais je répondre à cela pris dans l’émotion ?
La France a trés longtemps refusé d’admettre qu’elle a été directement impliquée dans le commerce triangulaire l’esclavage puis la traite negriere car sans aucun doute elle en a été l’un des principaux acteurs.
Au fil de mes voyages en Afrique  j’ai pu en faire le constat déplorable insupportable car il subsiste et demeure encore de nos jours sous d’autres formes.
j’ai donc été amené à me poser la douloureuse question : qu’en est il aujourd’hui de l’abolition de l’esclavage et de la traite négriere ?
Je constate que le processus persiste toujours d’un point de vue politique puis économique. les pays occidentaux en particulier l’Europe plus précisement la France pratiquent une domination sur certains pays afin de preserver leurs intérêts. l’Afrique est il encore le grenier de la France ?
En sociologie l’asservissement est la mise en servitude, en esclavage, en domination ou en aliénation un peuple un pays une civilisation si un état décide de se servir d’un autre de ses richesses qu’elles soient environnementales pétrole gaz uranium diamant schiste charbon phosphate or ou bien culturelles pillage du patrimoine masques statues objets sacrés profits sur la main d’œuvre celui ci impose une attitude un comportement d’asservissement donc rend le second à l’état d’esclave.
Notre pays protège ses intérêts en permettant à des chefs d’états d’être élu d’office en profitant de leurs peuples en imposant une dictature par l’intermédiaire de guerres de conflits en tous genres. Alors me direz vous rien à changer ? si bien sure: la forme mais certainement pas le fond. Alors comment palier à cette problématique à l’avenir ?
L’indépendance des états, la création des états unis d’Afrique, la création de la ligue des pays méditerranéens, la réévaluation des alliances entre les pays du Nord et ceux du Sud réétudier le traité France Afrique.
Mais surtout sociologiquement et humainement revoir la manière dont on traite les peuples à leur juste valeurs tout simplement pour ce qu’ils sont et non pour ce à quoi ils pourraient nous servir. »
Patrick Compas.

Vietnam dans le soufle du Dragon

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Ce matin là il faisait très chaud à Ho Chi Mihn City. dans la moiteur la chaleur tropicale je prenais mon pdj à l’hôtel continental Saigon ancien fief QG des journalistes écrivains. Albert Londres Jacques Chancel Lucien Bodard Jean Larteguy André Malraux. Premier contact avec la population une élégante demoiselle aux yeux en amandes cheveux longs  noirs lisses en queue de cheval qui me servit un café à la vietnamienne dans un cadre raffiné de style coloniale avec une délicatesse une précision hors normes dans un Anglais parfait un Français châtié. premier jour au Vietnam au travers de son regard je ne pouvais oublier ce qui fut l’une des plus atroces guerre de l’histoire.L’Indochine Dien Bien Phu en 1954.Viet Cong contre Viet Mihn le nord contre le sud 1955 à 1975 le napalm l’agent orange  toutes ces images filmées avec talents dans le film Apocalypse Now de Coppola.
je voulais comprendre pourquoi ? comment ? qui ? pour quelles raisons ? cela s’imposait il fallait me rendre à travers le pays du Sud au Nord en passant par le Centre rencontrer toutes les générations savoir ce qu’était le Vietnam d’hier,d’aujourd’hui,de demain.
Saigon ville moderne bruyante une fourmilière  scooters vélos  jeunes  vieux qui vont qui viennent sans arrêts de jour comme de nuit ici c’est le commerce le business pas de temps à perdre avec l’autre on avance on oublie on prépare le futur comme son voisin fraternel la Chine. on construit l’avenir à coup de building à plusieurs étages  le moindre m2 est exploité .on ne parle pas on est pressé. je me dirigeais donc vers Can Tho au Sud vers le delta du Mékong. embarquais sur un sampan vers les villages flottants  une immersion totale premiers obstacles la langue ici pas de français pas d’anglais  je sors un lexique vietnamien et j’essaye de baragouiner pas facile on se moque on refuse de me répondre  j’insiste soudain les langues se lâchent on me demande d’où je viens de quel pays quelle ville Paris France les regards se figent s’expriment s’illuminent la discussion commence alors autour d’une cigarette.
« à quoi cela sert de parler du passé une vielle me répondit on a trop souffert on souffre encore de ces maudits conflits ce qui nous importent à présent c’est l’avenir de nos enfants un monde meilleurs comme le disait Ho Chi Mihn le grand architecte du Vietnam ».
Pas simple d’aborder des sujets qui fâchent je partais donc sur le champ vers le nord vers Hué ancienne capitale impériale Dalat, Nha Trang ancienne capitale du royaume des Chàm, Danang ville nouvelle en traversant le col des nuages la rivière aux parfums afin d’ arriver à Hanoï puis la baie d’Halong.
C’est dans le silence des rizières puis à bord d’une jonque que j’en apprendrai plus sur ce pays empreint d’un système communiste bien roder qui afflige une certaine méfiance une omertà envers ceux qui posent trop de questions seulement voilà il y a toujours des résistants qui parlent pour exprimer un certain désarroi à propos d’un gouvernement qui fatigue une Chine envahissante la pollution la corruption la différence de mentalité qui divisent subsistent encore entre le Nord puis le Sud les problèmes économiques politiques avec le Cambodge la jeunesse qui efface le passé se moquent des coutumes des règles des traditions qui ne désirent qu’une chose vivre en paix faire évoluer le pays pour rivaliser Hong-Kong Bangkok Singapour. je quittais Hanoi son quartier colonial ses rues animées dynamiques authentiques sa jeunesse fougueuse avec un sentiment de doutes quand à l’avenir de ce pays pris dans le souffle du grand Dragon.

P.Compas Hanoi Avril 2017.