Voyage au long cours

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Voyage Cargo Canal de suez

Voyageur au long cours: Baroudeur, Bourlingueur, Globetrotteur.
Carnets de voyages photographiques et radiophoniques, littérature et poésie.
Voyages en Asie, Afrique, Proche et Moyen Orient, Caraïbes ,Amériques, Océanie.
Carnets de mes voyages ,qui traitent d’une manière Journalistique ,Sociologique, Anthropologique et Ethnologique, ma vision du Monde. Ici je pose des questions. je me focalise sur des thématiques ,des sujets du quotidien ,en Afrique ,en Asie , Proche et Moyen Orient, aux Caraïbes ,en menant des enquêtes sur place, dans les pays, par l’intermédiaire des populations rencontrées.
Mes références, mes influences : Albert Londres, Joseph Kessel, Blaise Cendrars, Pierre Schoendoerffer, Alexandre Iacovleff, Patrick Chauvel, Philipe Rochot, Jean Malaurie, Claude Levi Strauss, Marcel Griaule, Jean Rouch, Jacques Kerchache, Théodore Monod, Pierre Loti, Jack London,Henry de Monfreid, René Caillié, Ibn Battuta, RFI, ARTE, France Culture ,Tv5 Monde ,Courrier Internationale  etc……

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Ethiopie région du Tigré

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Au Son Du Gamelan.

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Indonésie Sulawesi rizières.

Paris à l’aube. Aéroport Roissy CDG vol Cathay Pacific à destination de Jakarta avec escale à Hong Kong. Que sais-je de l’Indonésie ? Rien. Quelques informations clichées, cartes postales de plages paradisiaques, archipels volcaniques puis grands reptiles nommés Dragons de Komodo. J’embarque sur le tarmac avec curiosité puis appréhension du voyageur vers l’inconnue.

Après 17 heures de vol l’avion se pose à Yogjakarta climat équatorial 35°humide. Premier contact avec la population locale très souriante, hospitalière, chaleureuse élégantes femmes voilées, gracieuses, beauté des visages exprimant la sérénité, la plénitude, très curieuses du voyageur venu de France qui demandent des selfies afin de mémoriser l’instant présent, estampiller la rencontre imprévue.

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Yogyakarta citoyen Indonésien

Rendez-vous avec Tony Pasuhuk guide touristique francophone. Il m’accompagnera à travers le pays, sera interprète car ici on parle très peu le Français en revanche l’Anglais est la deuxième langue nationale après le Javanais. Mon sac de bourlingueur chargé dans le 4×4, mes premières déambulations dans la capitale. Premières sensations, une fourmilière qui grouille jours et nuits. Scooters voitures, vélos, motos multitudes de petits magasins, restaurants, ici on vit le temps présent 24h/24 comme dans le reste de l’Asie.

Une population très dynamique, jeunes, avec la rage de vivre, le sourire aux lèvres, filles, femmes aux Niqab multicolores habillées néanmoins à la mode occidentale, pas farouches plutôt avenantes tout en restant pudiques à la séduction subtile. Les garçons, casquettes hip-hop baskets à l’américaine Ray-Ban au visage ou en costume traditionnel pour les anciens jouent la carte de la sensualité, style Bollywood avec un souci du détail vestimentaire qui renvoie aux traditions, à la démarche nonchalante cependant empreint d’une grande courtoisie de respect, à l’égard de l’étranger.

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Temple de Borobudur Yogyakarta la jeunesse indonésienne.

Contrairement à certaines capitales d’Asie, Yogyakarta est propre, aucune saleté ou ordure qui trainent dans les rues, dignité et respect de l’espace public.

La ville se compose de différentes manières. Palette urbaine, tantôt d’immenses buildings similaires à ceux de Hong Kong se mêlant à l’architecture coloniale, maisons traditionnelles entourées des monuments ou temples anciens appartenant au passé. Borobudur. Prambanan.

Population majoritairement musulmane, Sunnite, courant de pensée Soufiste ayant gardé cependant les rituels du passé empreint de l’Hindouisme, Bouddhisme de l’Animisme. Loin de l’islam intolérante des Wahhabites. En revanche la loi de la Charia est appliquée pour punir celui ou celle qui enfreint les lois du pays.

Pays de tolérance épris du désir obsessionnel de l’unité nationale, du respect des traditions, écoles laïques et coraniques. Le Pancasila propre à l’esprit et l’intelligence du héros national Ahmad Soekarno. Ce nom résonne comme un gong, au-delà de cet archipel à la complexité politique et religieuse contradictoire, constructive en quête de cette liberté de pensée. Tel était son souhait faire de l’Indonésie un pays moderne, unique novateur, incontournable en Asie, similitude avec le projet d’Ho Chi Minh au Vietnam. Pilier du futur face à la Chine rivale, à l’islam intégriste venue d’Arabie.

Le Pancasila basé sur cinq principes, préceptes laïques ; croyance en un Dieu unique, une humanité juste et civilisée, l’unité de l’Indonésie, Une démocratie guidée par la sagesse à travers la délibération et la représentation, la justice sociale pour tout le peuple indonésien.

Soekarno sera malheureusement écarté du pouvoir par son détracteur et dictateur Soeharto en 1968. Quatrième pays le plus peuplé de la planète, aux ethnies diverses, dominées par les volcans les plus puissants, instables imprévisibles dans le monde comme le Bromo, le Agung, Merapi, Krakatoa. Richesses culturelles de la préhistoire l’homme de Java, de Flores, fortes influences Hindouistes, passé maritime, commerce des épices, entre l’Inde, la Chine puis l’Arabie, facilitant l’invasion de l’islam vers le 15eme siècle. Colonisation Néerlandaise, 16eme siècle. Création de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales, occupation Japonaise en 1942, libère le pays de ses colons Hollandais. Faunes et Flores uniques, espèces endémiques comme le célèbre Varan de Komodo. Paysage hors du communs entre plages désertes nature sauvage et végétation luxuriante.

Après quatre jours dans la capitale, je pars pour Makassar capitale des Sulawesi nommée jadis les Célèbes. Célèbres pour ses goélettes, boutres à la proue très avancées nommées ici Pinisi.

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Makassar Boutres nommés Pinisi

Grand port de commerce au temps jadis, aujourd’hui transport d’iles en iles des marchandises de premières nécessités. La ville se transforme la nuit en escale pour touristes et marins addictent à la prostitution.

Sans regrets, je quitte Makassar pour la région du Toraja à travers les rizières sur la route de Sengkang. Changement de décor radical, montagnes à végétation luxuriante, jungle, altitude 2500 mètres, direction Rantepao.

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Indonésie Sulawesi région du Toraja

Région authentique, atypique, chrétienne et animiste à la fois. Maisons sur pilotis, terres agricoles fertiles, plantations de cacao, café, riz, épices, clous de girofles, noix de muscade, curcuma, coriandre, palmiers cocotiers, bananiers à pertes de vue. Spécialité le Café Civette Luwak, torréfié avec les excréments de l’animal qui se vend à prix d’or au trébuchet. Très bon !

Traditions animistes très fortes ici, on enterre les morts dans des grottes creusées dans les falaises sur le flanc des montagnes comme chez les Dogons. Puis on place à la naissance des enfants, le placenta des femmes, sous une pierre déposée à l’Est, sous la demeure familiale. Les fausses couches, les nourrissons morts à la naissance quant à eux sont placés dans le tronc des arbres, par l’intermédiaire d’une petite porte sculptée dans l’écorce, au milieu d’une forêt de bambous.

Les ethnies du Toraja sont très superstitieuses, on craint les mauvais esprits omniprésents qui hantent les lieux du quotidien. Pour ce faire chaque défunt se voit représenter par une statuette les Tau Tau, devant la sépulture en forme de sarcophage, qui permet aux vivants d’honorer l’âme des morts de pouvoir communiquer avec eux.

Autre spécificité, la construction des maisons traditionnelles en forme de bateaux les Tongkonan qui rappellent l’histoire des racines de ce peuple Bugis venu par la mer se sédentariser en devenant agriculteurs, sur les terres fertiles. Les demeures sont ornées de cornes de buffles symbolisant la caste sociale de la famille, plus il y en a, plus la famille est noble et riche.

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Retour de l’école pour ces enfants Toraja village de Rantepao Sulawesi

Les enfants vont à l’école. Parfois de courte durée, pour rejoindre les adultes au travail, question financière oblige. Le Buffle d’eau est considéré comme un patrimoine, une assurance vie, chaque famille en possède un, voire plusieurs, il est sacré traité comme un Dieu, on ne l’utilise jamais comme outil agricole. On pratique le sacrifice animal, porcs poulets, parfois buffles, uniquement pour les rites funéraires.

Le mariage est obligatoire, faire des enfants aussi, c’est l’héritage du nom, la fierté de la famille qui est en jeu.

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Sulawesi région du Toraja village atypique.

La population Sulawesi pratique l’hospitalité sans limites, la convivialité, le partage, le franc parlé, je fus invité à un mariage avec mon guide, alors que je passais au hasard dans un village.

Nous partîmes tôt, dans la matinée, vers le Sud, en direction du Lac Tempe. Là une pirogue à moteur nous attendait afin de naviguer, sur cet étendu d’eau, à travers villages flottants puis Jacinthes d’eau à profusion. Nous fûmes accueillis par une famille de pêcheurs, autour d’un thé vert puis de beignets de bananes. Chaleur accablante, nous sommes rentrés par l’autre rives, en observant oiseaux migrateurs, techniques de pêche au carrelet, femmes et enfants se lavant dans l’eau du lac.

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Maisons sur Pilotis sur les rives du lac Tempe Sulawesi.

Le lendemain, à nouveau sur le tarmac de l’aéroport de Makassar, je m’envolais pour Bali. Capitale Denpasar puis transfert pour la ville d’Ubud.

Autre visage de cet archipel indonésien. Ici on a la sensation que le temps s’est arrêté, on vit au ralentit aux rythmes des dieux, des offrandes, aux parfums de bois de Santal, costumes colorés, hommes et femmes constamment en habits traditionnels Batik, dans le silence, la méditation, regards concentrés, invoquant les esprits, l’âme des défunts, le tout aux sons des Gamelans. Puis aux rythmes des cérémonies, organisées dans les ruelles décorées. Le Kuningan et Galungan, bloquant le quotidien de tous, durant quelques minutes, on s’arrête, on prie, on honore. On se sent perdu, égaré, déstabilisé au milieu de nulle part, je m’interroge alors soudainement sur ma propre existence, sur cette société française, vivant dans l’égoïsme, l’égocentrisme, l’individualisme, qui finalement, au détriment de son peuple, en oublie ses valeurs, ses principes humanistes, le sens des valeurs fondamentales de l’existence humaine. C’est un choc, y compris pour les touristes baillis qui en perdent leur Latin et repères d’occidentaux.

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Bali cérémonie du Kuningan. ville Ubud.

Invité le soir même à l’alliance française, au centre culturel d’Ubud à participer à un spectacle de danses Balinaises, histoire de m’imprégner de cette culture afin de mieux en décortiquer, les us et coutumes, les codes.

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Bali cérémonie des offrandes au temple pour honorer les dieux Ville de Ubud.

Consécration, apothéose, stupéfaction, unique, performance artistique hors normes, hors du commun, grâce, beauté du geste, splendeur des costumes ,maquillages des visages dignes d’esquisses millénaires, je resterai scotcher, bouleverser, intriguer, sur ma chaise, hypnotiser par les yeux des danseuses invoquant les dieux, les esprits, narrant des histoires, légendes du passé, à travers les danses du Pendet, Topeng Tua,Cendrawasih,Oleg Tamulilingan puis Legong Keraton. Nous sommes dans le registre du divin, les mots ne suffisent plus pour décrire ; ce que l’on voit perçoit, vit, on ne peut oublier. Il faut comprendre appréhender, s’oublier, pratiquer l’introspection afin de se dégager, de cette vision occidentale pour s’initier dans le cœur des Balinais, pas facile ! Vénérer les entités, les avatars des dieux, Brahma, Shiva, Ganesh, Vishnou, « la cosmogonie Balinaise » : harmonie entre l’être puis le cosmos. Dieux et Démons adulés à coups d’offrandes, d’encens, on se ruine pour eux. Indonésie mystérieuse surprenante, fascinante, intrigante.

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Bali danse du Legong Keraton. orchestre de Gamelan. Ville Ubud.

Je repars songeur, à destination de la France, en passant par Hong Kong, que sais-je de l’Indonésie ? Pas plus, qu’au premier jour. En revanche beaucoup plus sur moi-même, c’est le propre du voyage, de l’aventure au bout du Monde, de retour dans ma capitale Paris, sur le tarmac de l’Aéroport mon esprit résonnait encore au son du Gamelan.

Patrick Compas.

Journalisme et Reportage selon moi

 

DMA_4740L’aventure humaine avant tout.

Voyager est un art pluriel. Chacun le conçoit avec ses propres images, ses propres rêves, ses propres attentes. Il y a un monde entre un « voyage organisé » et une longue pérégrination solitaire. Un monde que je tente de réunir en proposant à mes auditeurs, lecteurs et internautes de partir avec moi sur des chemins de cultures, de découvertes, de rencontres… Sans à priori, curieux et avides de partage pour mieux connaître la planète.

Découvrir, être émerveillé, surpris, remettre en question ses croyances et ses habitudes… Mon esprit d’aventure est résolument tourné vers la différence et l’altérité. Je suis voyageur dans l’âme, et rien ne m’épanouit plus que m’immerger dans des cultures et des pensées étrangères aux miennes. Par les voyages, mais aussi par les lectures, les rencontres. Ma curiosité culturelle me nourrit au quotidien, jusque dans mon mode de vie. Cuisine, littérature, musique… Dans tous les domaines, Je recherche les saveurs de l’ailleurs. Un citoyen du monde, et rien ne m’effraie plus que le repli sur soi et la peur de la différence de l’autre.

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Dans le désert du Sahel entre Tombouctou et Kidal au Mali

Cette ouverture d’esprit objective se manifeste dans mes relations au quotidien, faites d’empathie et de curiosité. je veille à n’être jamais dans les a priori toujours partant lorsqu’il s’agit d’expérimenter une nouvelle façon de regarder ou de faire. Mon regard sur le monde est celui que les maîtres zen qualifient de « regard du débutant », car il ne passe jamais par le prisme du préjugé ou de la répétition. Sinon, nous restons uniquement des consommateurs d’exotisme et des collectionneurs d’originalité et de nouveauté.

Le Reportage on le vit, c’est une façon de vivre , le Journalisme c’est informer de ce qui se passe ailleurs, dans le Monde mais également autour de soi, dans son propre pays ou sa proche sphère, en appliquant la règle numéro un de la charte déontologique de ce métier ; l’objectivité en valorisant son interlocuteur et non son égo . Ecouter, regarder, en restant neutre, puis objectif, c’est comprendre puis apprendre de son interlocuteur.

 

Seine de vie à Paris

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A Paris, il y a plusieurs manières de vivre dans la capitale. Soit en appartement dans la majorité des cas, ou bien avoir une maison ce qui est plus rare, puis une troisième solution, plus marginale, vivre sur un bateau à bord d’une Péniche, le long des quais du fleuve la Seine.

C’est un immense privilège de nos jours, car le nombre de place sont restreintes. les bateaux logements, doivent impérativement suivre des consignes très strictes d’amarrages, afin de laisser suffisamment de place pour le passage, en amont, en aval, des deux cotés des berges, aux bateaux de transports des marchandises ou des touristes, qui restent prioritaires au fil de la Seine.

Les autorités du fleuve que l’on nomme VNF, voies navigables de France,  la SNS service de la navigation de la Seine, supervisent puis contrôlent quotidiennement le trafic.

Les ports autonomes de Paris quand à eux, s’occupent des aménagements des ports fluviaux, afin que les navires puissent faire escales ou des livraisons .

La police fluvial, s’occupe également de l’application de ces règlements, à autorité puis des fonctions d’interventions semblables à la police terrestre, mais sur l’eau.

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Mais alors qui sont les privilégiés qui habitent sur ces bateaux ?

Tout d’abord des gens qui ont certains moyens financiers, car acheter une péniche coûte cher, de plus se sont d’anciens navires de transports des marchandises, qu’il faut par la suite transformer en maison, pour pouvoir vivre à bord au quotidien, puis entretenir, donc cela à un prix.

Les personnes qui vivent sur les bateaux, recherchent surtout la tranquillité, ils ne souhaitent pas être dérangés par les voisins, comme en appartement, cependant il existe tout de même des inconvénients.

Parfois les quais de Seine sont loin des commerçants, alors pas facile pour aller faire le shopping. De plus d’un point de vue technique, il est difficile d’avoir des autorisations pour faire venir l’électricité,  le gaz , l’eau ou bien encore le téléphone fixe, y compris même internet. Il existe donc des solutions, mais une fois de plus, cela revient plus cher que dans la norme.

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Un autre handicap pour ceux qui vivent à coté des points touristiques, voir au quotidien des groupes entiers de Chinois, Japonais, Américains, Russes etc… qui passent puis repassent sous leurs hublots, en photographiant leur intimité, en faisant semblant de viser les monuments comme la Tour Eiffel, le pont de l’Alma ou Alexandre III.

Quand vient la nuit à la sortie des discothèques, on aime aussi venir flâner avec sa copine, le long des quais mains dans la mains, venir en bande de copains, ivres morts, avec des bouteilles de bières, de vins en chantant sous les fenêtres des bateaux à 4 heures du matin. Parait-il même d’après certains propriétaires, que des couples montent à bord, pour faire l’amour sur le pont de leurs navires. Pourtant à en croire les heureux élus qui vivent ici, ils n’ont plus du tout l’envie de revenir comme avant sur terre, pour eux c’est la liberté.

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La liberté ? non, un privilège, un luxe.

Pour ma part, j’aime flâner à pieds le long des quais, je pars en bus, en métro, à l’autre bout de Paris, puis je traverse la capitale, le long du grand fleuve, jusqu’à l’autre bout, inversant parfois de rives, de berges, durant ma balade qui peut être, d’une durée de 3 heures, car il y a environ 15 kms, entre le pont Garigliano, puis celui de Bercy.

Ainsi, on visite tout le centre touristique de la capitale, vue sous un autre angle. On peut y voir certains monuments célèbres, comme Notre Dame, la  Tour Eiffel, le Louvre, la grande bibliothèque François Mitterrand etc…

Il existe aussi malheureusement, un nombre de plus en plus importants, de populations qui vivent sous les ponts de Paris .Se sont des sans domiciles fixes SDF. Ils n’ont pas les moyens d’avoir de logement, de travail, ils sont de France ou d’ailleurs, survivent dans la misère, la pauvreté !!!

Ne croyez pas que l’eau du fleuve soit turquoise, on ne peut pas se baigner, c’est sale, polluée, il y a des pêcheurs parfois, mais me jurent qu’ils ne mangent pas les poissons, au risque d’être malades, infectés de bactéries. Oui, la Seine n’est pas propre, ce fleuve est beau mais dégoûtant, à y voir certains déchets, qui flottent le long de ses rives.

On me parle souvent du Gange ,du Mékong ,du fleuve Congo ,de l’Amazone mais la Seine ,c’est pas mieux !!! Les Français qui résident à Paris, les Parisiens, ne respectent pas souvent leur environnement, croyez moi je suis Parisien, depuis ma naissance, j’ai vu des oiseaux, des poissons, finir leurs vies dans des boites à Pizza, des sacs pour Burgers ,ou bien encore, coincés à l’intérieure d’une bouteille de Soda. Dans le pire des cas, on trouve également, des vélos, motos, voitures et malheureusement parfois des cadavres, suite à un crime ou un suicide.

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Souhaitez vous encore des détails ? Non j’arrête là, car il y a tout de même plus d’avantages à se promener à Paris le long des quais du fleuve la Seine ,puisque Paris n’existerai pas sans elle comme un arbre sans sa sève, d’ailleurs lorsque le grand fleuve se met en scène, cela devient un somptueux spectacle un paradis. Une Seine de vie.

 

 

Mali: intrigue au pays Dogon.

Il pleuvait à Mopti lorsque je descendis de l’avion sur le tarmac de l’aéroport international d’Ambodédjio. Je me dirigeais vers le bureau des formalités afin de recevoir le tampon sur mon visa puis sur mon passeport.

Mopti Pinasses sur le fleuve Niger

Mopti ville fluviale le long du Niger, Djoliba comme on le nomme ici, accueillant une multitude de pirogues nommées Pinasses pratiquant l’import-export de toutes marchandises. Face au fleuve, je relisais les livres de Marcel Griaule, Germaine Dieterlaine, Jean Rouch, René Caillié afin d’étudier avec rigueur, précision, rites, coutumes, traditions, mais surtout l’histoire des Dogons, nommés ici au Mali, Dogono en Bambara. La cosmogonie Dogon étant très complexe, je m’assoupissais peu à peu, au fil des pages sous le regard amusé de mes hôtes. La nuit tombante, dictée par les prières du coucher du soleil, les Pinasses se faufilaient dans les méandres du fleuve, dans le silence, puis l’appel à la prière du Muezzin de la mosquée du quartier Komoguel.

Je partais à l’aube, dans la région des falaises de Bandiagara, en direction de Sangha. Après quelques pannes de voiture et d’aspiration de carburant, nous arrivâmes là ou s’était séjourné Marcel Griaule afin d’écrire son premier livre « Dieu d’eau. » Deux Dogons, leurs bonnets de formes coniques à pompons, attendaient dans une 2cv fourgonnette orange, marquée taxi, afin de me conduire à mon hôtel.

Patrick Compas mali Dogon bandiagara

Le lendemain, je me réveillais au son du cri du coq, au lever du soleil, quand soudain quelqu’un frappa à la porte de ma chambre. « Sewo Sewo le café est prêt, vous avez de la visite Monsieur Toubab !!! on vous attend ».« Qui ? »  « Le Hogon et le Devin » « ah bon ? » Stupéfaction, en effet ils étaient là à m’attendre « Sewo Sewo Oumana Sewo » palabres interminables en serrant les mains, puis les pouces, en se courbant légèrement, selon la tradition.  « Que se passe-t-il ? » « Buvez votre café puis on y va, on a besoin de vous. » Nous partîmes déambuler, dans les ruelles entre maisons et greniers, afin de rejoindre la demeure du Hogon. « Mais que se passe-t-il ici répliquais je ? » « Voilà, nous vous demandons de mener une enquête dans le village de Sangha, suite à un vol de masque sacré un Kanaga, puis d’une porte de grenier appartenant à la maison du Hogon, il n’y a que vous qui puissiez le faire, car vous êtes étranger donc neutre à cette histoire, qui s’est déroulée avant votre arrivée. » Je tombais par terre, quelle responsabilité, mais qui avait pu commettre un tel sacrilège ? j’étais venu en tant que Reporter, me voilà à présent transformé en Commissaire de Police. J’acceptais le défi.

Cela ne me serait pas facile, il me fallait un interprète de confiance, des preuves, des témoignages, des indices.il me vint une idée, à l’école on y apprend le Français, je demandais donc à des enfants qui était l’enseignant, on me dit Mr Djiguiba !!! Djiguiba arriva avec sa belle chemise blanche, bien repassée. Je le saluais en langue Dogon, il me répondit dans ma langue. Il acceptait sans aucune hésitation ma requête, de plus il m’invita à séjourner chez lui, je ne pouvais refuser ce privilège. Devant le thé puis la bière de Mil, il me suppliait de bien vouloir régler cette affaire au plus vite, que je pouvais vivre chez lui comme un membre de la famille, mais en retour d’en faire une affaire d’état, de détournement de patrimoine.

Je me mis au travail au cri du Coq. Tout en partant vers les champs d’oignons cultivés par les femmes, accompagné par Djiguiba suivit de très près par une multitude d’enfants, je relisais en marchant, un passage du livre de Griaule, tout à coup je m’exclamais à haute voix « mais oui bien sur Yourougou le renard. » Un silence s’imposa dans le champ d’oignons, Djiguiba tétanisé me fixait du regard m’expliquant qu’il ne fallait pas citer son nom, n’importe quand, n’importe comment. Après des excuses auprès des populations, j’apprenais donc qui était Yourougou. « Le renard pâle » pratiquant le désordre dans la genèse, les mythes de l’histoire, de la création de l’ethnie Dogon, personnage symbolique emblématique, ambiguë, sacré, comme le dieu serpent : Lébé du Ouagadou. Je venais de faire à mon tour un blasphème, du coup il fallait se rendre de suite chez le Devin. Hasard ou coïncidences, il fallait d’ailleurs que je rencontre ce personnage incontournable pour mon enquête, ainsi que le tisserand, le griot, le marabout, le guérisseur puis le forgeron. Du haut de la falaise, une vaste étendue de sable dominait l’horizon, on pouvait y voir planter des petits bouts de bois ornés de coquillages, de minuscules cailloux autour, puis des dessins fait aux doigts, ornaient d’étranges symboles et signes cabalistiques. Le vielle homme apparue tout de noir vêtu, un bonnet à pompons coniques, une longue barbe, un regard perçant qui me fixait les pupilles. Palabres et salutations respectables, il se mit au travail en silence après m’avoir demandé ce que je voulais savoir. » Le renard viendra déposer ses pattes ici cette nuit, ce n’est que demain que nous pourrons répondre avec votre question, répondis Djiguiba. »

Le lendemain à l’aube, c’est seul que je revenais voir le Devin, afin de connaitre la réponse à ma question suivante : « qui a volé le masque et la porte ? » L’homme déjà présent sur place, était en train de décrypté les traces de Yourougou, il marmonnait des mots dans un étrange dialecte, différent de sa langue, le Sigui. La langue secrète des Dogons, j’avais lu un passage dans le livre de G. Dieterlaine à propos de cette langue, la société secrète des masques, il n’y a que les initiés qui la pratiquent. L’homme m’interpella plus tard, dans un français approximatif, le regard très inquiet, il me dit qu’il fallait que je me rende à Kidal, qu’il fallait que je reste plus que très prudent. Je devais m’y rendre, mauvaise nouvelle, à la vue des évènements actuels de révoltes, rebellions en tous genres, effectuées par des groupes membres de l’Aqmi puis de l’EI au nord du Mali, qui réclame l’indépendance de la région, sous le nom d’Azawad, dans le triangle Kidal, Gao, Tombouctou.

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Je partirais à l’aube, seul, avec la 2cv taxi. J’étais stressé. Sur la route, je prenais en stop un chauffeur de camion en panne avec ses jerricanes. Stupéfait de voir un Toubab faire le taxi. A la frontière inter- régions n°5 et 6 contrôlé par l’armée du pays, accompagnée des militaires français, opération Barkhane, ma visite fut interrompue manu militari. Terminus tout le monde descend, mais la providence était avec moi, un chauffeur de camion arrivant de sangha, en contrôle des douanes, me reconnut il expliqua en Bambara qui j’étais, d’où je venais. Un lieutenant des forces françaises m’interrogea, me traitant de tête brulée, m’expliqua qu’il avait rencontré des touristes Chinois, à la recherche d’œuvres d’arts à Tombouctou, en partance pour Djenné.

Je partais donc sur le champ tel un légionnaire au combat. Arrivée tardive à Djenné pas compliqué de retrouver des Chinois au Mali. En allant diner, j’aperçu un superbe 4×4, près d’un hôtel, chargé comme un mulet, plus je m’approchais, plus je distinguais des formes reconnaissables, sous la bâche de protection, je fis mine de ne rien voir, je prenais une chambre dans le même lieu. A la terrasse du restaurant les Chinois négociaient les prix des marchandises avec un Malien j’écoutais attentivement la discussion, s’étaient eux les coupables, à présent ils étaient fait comme des rats. Il fallait que je cogite un plan d’action, la nuit portant conseil, je réfléchissais en m’assoupissant.

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Au lever du soleil, à la première prière, après un bon café, je fonçais tout droit au bureau de police de Djenné un officier me reçut, écouta mon témoignage, nous partîmes ensemble, vers le véhicule afin de constater qu’en soulevant la bâche, les objets étaient là. La vraie Police cette fois ci, pris en charge l’enquête, en arrêtant les touristes Chinois et leur complice. Ils furent raccompagnés à l’aéroport de Bamako, puis extrader, après avoir payer au consulat une amende des plus hallucinantes, avec une interdiction de retour au Mali.

Je revenais à Sangha avec de bonnes nouvelles, je fus récompensé par les habitants, par l’intermédiaire d’une cérémonie en mon honneur, par la suite les objets furent restitués par le ministère de la culture et du patrimoine qui les avaient saisies durant l’enquête. J’étais fière.

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Post scriptum.

Cette histoire n’est pas un roman, ni une fiction, je l’ai vécue à ma grande surprise de l’imprévue du voyageur. Pourquoi m’avoir choisi comme interlocuteur ? m’avoir fait confiance ? c’est le mystère Dogon, la magie de l’Afrique. Malheureusement ce genre d’histoires, ne finissent pas toujours comme la mienne. Beaucoup d’objets du patrimoine sont vendus, au plus offrant, dans toute l’Afrique, pour des raisons de problèmes financiers, de famine, de survie, au grand détriment des populations, qui voient leur bien, leur passé, leur histoire, disparaitrent afin de se retrouver à jamais, dans des galeries, musées, ou collections privées, loin du continent. D’autre part, je déconseille vivement un voyage dans le pays actuellement sous tension. En revanche le Mali reste un pays que j’affectionne particulièrement, pour son authenticité, son hospitalité, mais surtout le grand courage de sa population face au évènements actuels. Je vous suggère à ce propos, de regarder le film Timbuktu du réalisateur Abderrahmane Sissako un chef d’œuvre.

Patrick Compas.

 

Le MalJournalisme .

« Au travers de mes Voyages en Afrique, en Asie, au Proche et Moyen Orient, j’ai souvent constaté que la France avait une image auprès des populations, de pays de liberté, des droits de l’homme, cependant il serait dommage que cela soit bafoué, par de médiocres esprits venant assez souvent de la classe Politique, puis de certains Médias ayant des propos méprisants, fondés sur des ignorances, envers certaines civilisations qui ont participées à la richesse culturelle puis économique de notre Pays. »
Le « maljournalisme » (ou « journalisme poubelle », etc.) est un néologisme créé pour désigner des pratiques journalistiques manipulatoires, donnant une allure spectaculaire à des faits banals (sensationnalisme), exagérant des menaces et des faits, et en diminuant d’autres en fonction des pressions que subit le journaliste. Ces pressions peuvent être pécuniaires (besoin de vendre, donc besoin d’articles spectaculaires), politiques (en fonction du bord politique du journaliste ou des employeurs), ou corporatistes.
« Maljournalisme » peut aussi désigner une pratique incompétente du journalisme – manque de sources, déformations, inexactitudes, etc……
Il est temps d’agir, de prendre conscience de la gravité des faits, de ce systeme qui bafoue les regles et la déontologie de ce metier, necessaire pour la liberté de la presse puis de la liberté d’expression,de l’existence de l’Homme tout simplement.

Patrick Compas ,Paris, juillet 2017.

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Jordanie dans les traces de Lawrence d’Arabie.

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Majed Salem Al Zalabieh, la trentaine, issue de la légendaire tribu bédouine des Zalabieh. Ce nom ne vous dit rien pourtant souvenez-vous… Le film Lawrence d’Arabie. C’est grâce à son grand-père que ce chef d’œuvre du cinéma à pu voir le jour. Nous sommes installés sous la tente familiale autour d’un thé. On se regarde dans le silence, il me fixe, coiffé de son keffieh rouge et blanc comme s’il essayait de lire dans mon regard quelles étaient mes pensées afin de savoir si l’occidental assoiffé de curiosité que j’étais valait la peine d’être côtoyé. Puis j’entame les premiers mots de la discussion : « combien de chameaux possèdes-tu Majed ? Des centaines, me dit-il. Cependant, mon préféré se nomme Toyota et il consomme 15L/100« . Dans un éclat de rire nous partageons une deuxième tasse de thé aux herbes avant de prendre le chemin du Wadi Rum. Un immense territoire de 800 km2 entre l’Arabie Saoudite et l’Israël rejoignant la mer rouge en Égypte composé de montagnes rocheuses granitiques puis de sable fin de couleur rougeâtre.

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Caravane Bédouine Pétra Jordanie.

Bienvenue dans la maison des bédouins en Jordanie

Seulement voilà, tout n’est pas si rose ces derniers temps, on s’inquiète chez les Zalabieh de plusieurs choses : la première, l’environnement et les problématiques climatiques qui détraquent la faune et la flore mais surtout la chose la plus sacrée pour les Nomades à savoir l’eau. Car la région étonnement regorge d’eau sous le sable grâce à un système d’aquifères des nappes phréatiques poreuses qui fournissent le liquide sacré. Cependant cette denrée rare est abondement utilisée par les grands projets agricoles du pays qui ne se soucient guère du problème de réapprovisionnement de cette ressource pour la survie des populations bédouines et de leurs troupeaux. D’autre part, les relations entre les bédouins propriétaires des terres ancestrales et la Royauté qui représente l’Etat ne sont pas au beau fixe. Le royaume Hachémite de Jordanie semble avoir toujours considéré les tribus jordaniennes comme le socle de son pouvoir : dès ses débuts, que l’on peut faire remonter à la révolte Arabe de 1916 menée par l’armée des Hachémites du Hedjaz, l’État s’est fondé sur l’allégeance des tribus. La Jordanie, le colonialisme, le mouvement de décolonisation, les conflits israélo-Arabes et la lutte des Palestiniens. Malgré tout, ces dernières années, dans le contexte des Printemps Arabe, plusieurs contestations venant des tribus ont pointé du doigt le régime et dénoncé sa corruption. Mais comme le dit Majed, « les voix contestataires au sein des tribus sont celles « de jeunes gens éduqués qui se dissocient des intérêts particuliers de leur communauté et réclament une réelle démocratie en Jordanie »« .

En Jordanie, le tourisme va mal

Et ce, depuis les récents événements et divers attentats. Les Occidentaux boudent les pays Arabes et territoires musulmans par craintes de représailles ce qui ne facilite pas la tache des Bédouins pour qui le tourisme est une source financière complémentaire au travers de l’aide à la visite aux touristes sur leur territoire. Leurs objets artisanaux sont remplacés pour la plupart par des objets d’imitation, fabriqués en Chine. Pour finir, la problématique des territoires voisins qui ne cessent d’essayer de déstabiliser le pays, à commencer par la Syrie qui envoie 500 réfugiés par jour aux frontières Jordaniennes, ils seront 2,5 millions en 2017 à avoir regagnés la ville d’Amman. La crainte des bédouins est toute simplement légitime… Le pays se retrouve sous l’emprise de terroristes assoiffés de pouvoir et de conquête avec une éventuelle destruction d’un patrimoine hors du commun, à savoir Pétra, tout comme ils l’ont fait à Palmyre ou Bamyan en Afghanistan.